Dans l’imaginaire collectif, un « bon avocat » est joignable à toute heure. Il ou elle répond aux mails dans la minute, décroche entre deux audiences, envoie des conclusions à 23h59 avec un smiley de performance.
Moi, je fais exactement l’inverse.
Et ça interroge.
Pourquoi ne puis-je pas être appelée à tout moment ?
Pourquoi faut-il passer par mon assistante pour fixer un simple appel ?
Pourquoi n’ai-je pas répondu dans l’heure à ce mail marqué URGENT (et qui ne l’était pas) ?
La réponse est simple : je travaille.
Je ne réagis pas, je construis.
Je ne fais pas du droit en mode fast-food. Je cuisine lentement.
Je réfléchis, je lis, je cherche, je rédige, je pense à long terme. Je prépare des stratégies sur-mesure, pour des situations complexes. Et cela demande ce que notre époque valorise de moins en moins : du silence, de la concentration, du temps.
Alors j’ai organisé mon cabinet en conséquence :
- Mon assistante filtre et programme les appels dans des créneaux précis ;
- Je traite les mails avec rigueur, mais selon des priorités réelles, sur lesquelles je peux agir ;
- Et surtout, je préserve des temps de repos. Parce qu’un cerveau épuisé ne pense pas clair — et un cerveau embrouillé ne défend pas bien.

Ce n’est pas un caprice.
Ce n’est pas un luxe.
C’est une nécessité professionnelle.
Être avocate en droit des violences intrafamiliales, c’est travailler avec l’humain au cœur. C’est se confronter à la peur, à la douleur, à la complexité. Et cela suppose d’être à la fois très présente… et très lucide.
Alors je dis non à l’hyperdisponibilité.
Parce que sinon, c’est moi qui tombe.
Et si je tombe, je n’aide plus personne.
Prendre soin de moi, ce n’est pas m’éloigner de mes clients.
C’est leur garantir que je serai là, vraiment là, quand ils auront besoin de moi.
Et vous, vous avez appris à dire non à cette injonction à être disponible tout le temps ?