Les violences intrafamiliales : comment les identifier ?

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Les violences intrafamiliales et sexuelles (VIFS) désignent l’ensemble des violences commises au sein de la cellule familiale. Loin d’être cantonnées à la sphère conjugale, ces violences prennent des formes multiples – physiques, psychologiques, verbales, sexistes, sexuelles, économiques ou encore administratives – et peuvent toucher tous les membres de la famille, dans toutes les directions.

Une réalité souvent invisible

Le caractère privé des violences familiales rend leur preuve difficile, voire impossible. Les victimes peinent à dénoncer ce qu’elles subissent, souvent en raison des liens affectifs ou de dépendance avec l’auteur. Pire encore : les autres membres de la famille peuvent choisir de protéger le ou la violent·e, par loyauté, par peur ou par ignorance, en se taisant ou en marginalisant la victime lorsqu’elle ose parler.

En l’absence de définition légale précise du périmètre des VIFS, la reconnaissance de ces situations varie. C’est pourquoi, en tant qu’avocate dédiée à ce champ, je considère essentiel d’exposer clairement les différentes formes de violences intrafamiliales.


Quelles violences sont intrafamiliales ?

1. Les violences conjugales

Elles constituent la majorité des situations de VIFS. Le terme « conjugal » ne s’applique pas uniquement aux époux ou partenaires pacsés : il englobe toute personne ayant ou ayant eu une relation intime, y compris sans vie commune. Des adolescents en couple peuvent également être concernés.

Ces violences peuvent être physiques, psychologiques, verbales, économiques… mais aussi administratives (ex. : confiscation des documents d’identité ou blocage des démarches).

2. Les violences sur les enfants

Un enfant est victime :

  • Lorsqu’il subit directement des violences.
  • Lorsqu’il est témoin de violences conjugales.

Les auteurs peuvent être les parents, beaux-parents, grands-parents, oncles, tantes… ou même, dans certains cas, une assistante maternelle lorsqu’elle agit dans un cadre assimilable à la sphère familiale.

3. Les violences exercées par les enfants

Plus rares, ces situations existent néanmoins : adolescents violents envers leurs parents ou grands-parents, par exemple. Elles ne doivent pas être négligées sous prétexte de l’âge de l’auteur.

4. Les violences entre pairs familiaux

Enfin, les violences entre frères et sœurs, cousins et cousines – qu’ils soient majeurs ou mineurs – sont également des violences intrafamiliales. Elles sont souvent invisibilisées, minimisées ou banalisées au nom du lien fraternel. Pourtant, elles peuvent être destructrices.


Nommer, c’est déjà protéger

Les violences intrafamiliales ne peuvent être combattues que si elles sont nommées, reconnues et comprises dans toute leur complexité. Il ne s’agit pas seulement d’intervenir en urgence quand le danger est manifeste, mais aussi de mettre des mots sur des violences plus diffuses, insidieuses, qui n’en sont pas moins destructrices.

Mon rôle, en tant qu’avocate, est non seulement de les identifier, mais aussi de les qualifier juridiquement, de les porter devant les juges… et surtout, de rappeler que dans la sphère familiale, comme ailleurs, la loi protège. Et qu’aucun lien du sang, du cœur ou du passé ne justifie de subir la violence.

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